30 juin 2009
Back to the origins
Il y a quelques jours j'ai voulu reprendre le stylo, délaissé pour cause de travail intrusif ; écrire à nouveau. Mais rien ne s'écoulait de mes doigts, il n'y avait plus rien, simplement, plus rien. Les phrases étaient laides et communes, il n'y avait pas. D'harmonie, de joliesse. Il n'y avait pas d'étoiles, de paillettes, de. Lumière, derrière les lettres, enrobée sous les phrases. J'ai fouillé dans ma tête, cherché, fureté, essayant de comprendre. J'ai fini par trouver. J'avais oublié. Que ces choses-là. Ne s'oublient pas.
Quand on se sent, bien, Evidemment le reste, le mal, le noir sont plus pénibles à écrire. Les mains rechignent ; les ongles refusent de gratter, de découvrir les plaies à nouveau, se refermant dans la paume pour inciter à profiter de la trêve. J'ai songé me malmener un peu, juste pour que tout me revienne, les goûts amers et la sensation du vide. Mais il n'y en a pas eu besoin.
09 juin 2009
Ca veut dire quoi quand t'écris "parfois je me sens glisser, vaciller fortement, à l'intérieur de moi" ?
Ca veut réellement dire ça. Ca signifie que, parfois, je me sens comme me dissoudre et glisser derrière mon ventre et je sens presque mes ongles s'agripper à l'envers de mes côtes et de mes poumons pour retenir ma chute. Je suis penchée au-dessus de ma feuille et l'eau dans mes yeux brouillent ma vue, comme les mille projets qui me tournent autour brouillent mon sommeil. C'est la dernière ligne droite, la semaine prochaine, the end, je sais mais. C'est comme courir, la vitesse en moins. Courir en marchant, harassée et les genoux qui frottent contre les trottoirs. J'ai les mains pleines de révisions mais je n'ai plus de place en moi pour tout ça, alors je l'embrasse, les feuilles tombent sur le parquet et nous faisons l'amour sur le canapé. Et encore, et encore et, je parviens enfin à m'endormir. Ma tête manque de livres et de mots, les nombres me sortent par les yeux. Ils disent Tout le monde ne passera pas l'année prochaine, et je préfère fermer les yeux. Quand je sens que ça obstrue ma gorge, que c'est tellement gros que ça va m'étouffer et que je ne vais pas savoir quoi en faire, je ferme les yeux et renverse la tête en arrière. Je jette tout par les fenêtres même si ça reste accroché à mes chevilles, finalement. Je me débarrasse de tout, je hoche la tête, je dis Oui, je raisonne mon rythme cardiaque. Si je rouvre les yeux, si je balaie le décor des yeux, si je prends en compte chaque élément, je vais être paralysée. Alors je ne fais strictement rien, sinon vivre, sinon transpirer à travers les jours, d'un peu de moi contre la couette, contre la fadeur de certaines journées. J'acquiesce à la formulation de certains projets, un toit commun, des choses comme ça, mais je garde les yeux fermés. Je dis oui et j'enferme le coffre à double tour. Je dis oui et je me suture les lèvres et me casse les poignets. Pourtant, je le sens bien, derrière mon coeur, sous la colonne vertébrale, l'appréhension immense et les multiples questions qui sourdent et battent et trébuchent à mes tempes. Et quand ça emprisonne ma moelle épinière, je fais l'amour. Je fais l'amour et je m'applique à pulvériser chacune des billes noires de tension qui roulent dans ma tête. Mais, le froid et la fatigue, semblent être des éléments, pourtant indissociables, de ma peau. Collés à mes os et cousus à mes paupières, et je vis pourtant.
Il y a quelques années, j'étais persuadée d'être forte. Et j'avais tord , je confondais la force avec la dureté. Je me voulais imbrisable et chaque parcelle de mon corps était d'acier tant je coulais l'intransigeance et la sécheresse des déserts, comme du plomb dans mes veines. Et je me croyais forte, j'avais les pupilles comme deux pierres noires et lisses. Aujourd'hui, je ne me crois plus forte, mais j'essaie de l'être. Sans tremper mes bras dans l'acier, en serrant moins les dents. C'est peut-être plus fragile, moins facile car moins radical mais. J'essaie d'être forte en me retenant lorsque, parfois je me sens glisser, vaciller fortement, à l'intérieur de moi. Ca me coûte et je sens que mes mains puisent dans une réserve cachée dans mon ventre mais je me tiens, debout, avec un air de vérité entre les dents. Je me tiens.
18 mai 2009
Comme une série de pointillés qui se suivent. Et se brouillent derrière les yeux à demi-clos. La fatigue et le vent qui fait voleter la jupe et la rabat sur les cuisses, la bibliothèque et les écouteurs dans les oreilles. Je tire sur mes yeux pour lire le tableau et je prends rendez-vous parce que je vois flou quand mes lunettes restent posées sur la table du salon. Je glisse des affaires dans un grand sac, des affaires que je dépose sur ma partie de l'étagère. J'écoute de la musique d'ailleurs, je peste et râle et la fatigue en noir contre mes tempes. Dans la nuit, je lui raconte un peu, je lui explique à quel point mon avant n'avait rien à voir avec maintenant. J'enfile mes vieilles chaussures rouges et je crois que j'aime vraiment quand le vent s'enroule autour de mes cuisses, je mélange des fruits et je me love dans le canapé. Je fais couler des grandes tasses de café et il reste du cake au citron sur la table. J'ai deux jeux de clefs dans la poche de ma veste, et il y en a un dont je me sers beaucoup plus. Ca se mélange parfois, ça s'entremêle et ma visibilité est nulle mais, un pas après l'autre, et les jours passent, l'un après l'autre.
13 mai 2009
Je n'veux d'personne
Je déteste que tu me manques, je déteste hésiter à aller chez toi au lieu de rentrer chez moi, je déteste être heureuse de changer d'avis, je déteste avoir envie de faire des choses pour te faire plaisir, je déteste songer aux jours prochains en t'imaginant à mes côtés, je déteste avoir envie de m'arracher la peau pour que tu n'y sois plus imprimé, je déteste ton visage et tes grandes pupilles noires, je déteste les sourires que tu m'adresses et ces rires qui plissent le coin de tes yeux, je déteste que tu sois gentil avec moi, je déteste que tu me trouves belle, je déteste que tu me plaises à m'en écraser le cœur, je déteste avoir envie de te voir, je déteste être mieux avec toi, je déteste constater que ta présence éclaircit le reste, je déteste monter des projets avec toi dans ma tête, je déteste l'attention que tu me portes, je déteste songer parfois que je n'ai besoin de rien de plus, je déteste l'attachement, je déteste me mettre à ta place dans le lit lorsque tu pars pour avoir ton odeur, je déteste penser à toi et sentir mon ventre se serrer, je déteste que notre couple me grignote en tant qu'entité indépendante, je déteste mon sourire lorsque je parle de toi à d'autres gens, je déteste la confiance que j'ai en nous, je déteste songer que toute ascension a une fin, je déteste la peur qui enfle dans mes veines, et enfle encore jusqu'à rendre ma respiration plus difficile, je déteste que tes mains sur moi fassent palpiter mon cœur si vite, je déteste avoir envie de toi, je déteste ton corps sur le mien et mes cris dans les draps, je déteste t'embrasser, je déteste estimer et apprécier ta personnalité, je déteste lire tant de choses dans ton regard, je déteste y croire, je déteste, je déteste la vulnérabilité, et je déteste détester tout cela.
27 avril 2009
C'est drôle les pirouettes du quotidien sous les pieds. Comme je me retrouve à nouveau, les yeux vides et le ventre troué de courants d'air, à traverser la place pour rejoindre le métro. C'est drôle comme je ne m'y fais pas, à ces moments durant lesquels je travaille sur une table anonyme entourés de gens tout aussi inconnus. Nous travaillons en silence et j'ai mes écouteurs sur les oreilles. Je remplis des feuilles à carreaux et souligne les titres importants au feutre. C'est drôle comme à chaque fois, c'est pareil. Lorsque je ferme ma trousse et range mes affaires, lorsque je me lève de ma chaise et c'est comme si je n'avais plus rien dans les bras, comme si gribouiller m'avait littéralement vidée. Je sens la lassitude dans mes talons et j'ai la tête pâteuse. Dans ces moments, j'ai envie finir la bouteille de vin blanc. Même si nous l'avons déjà fini hier soir. Avant de faire l'amour. C'est drôle comme ça me tue à chaque fois, comme ça me dépouille. Comme c'est le premier jour de reprise et comme la fatigue m'étreint déjà les épaules. Sagement, j'ai noté sur un bout de feuille volante le programme des prochains jours. J'ai écrit des noms de matières à côté de mercredi, après la piscine. Je ne sais jamais quoi faire lorsque je nage. J'avais une amie qui récitait ses cours mais je pense que ça me pousserait à la noyade. Je n'ai jamais trouvé quoi faire alors je compte mes brasses, invariablement. Je fais une trentaine de longueurs et à chaque traversée, je compte, inlassablement. Ensuite, je grimace en lui disant que j'ai mal aux jambes et il remonte sa main le long de ma cuisse. C'est drôle, comme hier j'aurais écrit des phrases pleines de sourires enjoués et là, là ils sont toujours là, les sourires, mais moins lumineux, plus discrets, plus tenaces, moins prometteurs mais plus sincères.
14 avril 2009
Charnière
Je fais tourner plein de musiques aux instrumentales exubérantes et tordues. Dans le métro, je rappuie sur Play tout le temps pour celle-ci. Quand tout le son hurle "This is the 21st century exodus", je suis obligée de hocher la tête en fermant les yeux. L'air sent le printemps et le tissu de ma robe est si fin que lorsqu'il pose sa main sur moi, j'ai l'impression qu'il touche directement ma peau. Je voudrais paniquer, dire le retard, l'impossibilité de courir pour rattraper le wagon qui s'éloigne, les édifices qui se fendillent de toutes parts et qui s'affaissent et comme j'ai envie de pleurer quand il me dit que j'y arriverais. "Tu sais, il y a une chose que personne ne peut saisir réellement. Ca va sembler grandiloquent et abusé mais moi je sais que ça ne l'est pas. Tu vois, personne ne peut comprendre à quel point je me déteste et me trouve misérable." J'aurais pu continuer en disant que ce n'est pas à débattre mais à admettre tant c'est une conviction que je porte dans mes talons à chaque pas ; tant je m'y suis habituée, tant ça ne change plus rien. Je suis allée beaucoup au cinéma. Et je voudrais encore y aller. Hier, il y avait une brocante mais l'exemplaire des "Yeux bleus, cheveux noirs" était vraiment trop abimé. Il claque la porte et je crois que quelque chose dans mon ventre se serre. Je ne me rendors pas, je me lève, fais couler le café puis m'étends dans le canapé et entreprends de lire ce magazine acheté en décembre. Ghinzu me berce et je m'endors avec le soleil qui illumine la pièce. Je voudrais paniquer, parler du manque absolu de visibilité qui m'oppresse et de toutes les contradictions internes qui m'étouffent et me font tourner la tête. Il y a quelques jours, j'ai rangé le fouillis dans la pièce et la colère bouillonnait sous mes joues. Je me disais que je n'espérais quand même pas réussir en étant si peu rigoureuse. Et je soulevais des cahiers et trouvais des sujets de khôlles jetés dans un coin avec des annotations que j'ai dû me promettre d'approfondir plus tard mais que j'ai laissées moisir, des feuilles volantes, des cours pris du bout du stylo, comme en touriste, comme si je n'étais pas concernée, comme si je n'avais pas à me défoncer, à réellement prendre tout ceci au sérieux nom d'un chien. Comme si tout allait me tomber dans la main. Mais est-ce que je pense sincèrement que mes désirs et mes projections vont se réaliser sans le moindre effort. Et ma fainéantise, ma paralysie et les certitudes discrètes mais mensongères, celles qui font dire que ça le fera, que, quand même, ça passera, me dégoûtent de moi. Au restaurant, nous évoquons mon intransigeance problématique, celle qui tend ma voix et rend mon regard brutal, lorsque je dis que je ne comprends pas que certaines personnes se satisfassent d'un niveau si banal et médiocre alors que le mérite absolu est dans l'exploitation totale des capacités. Je dis ça et je me vomis car même si je ne suis pas inerte et inactive, je pourrais faire plus, je le sais. "I know I'm capable of so much more", c'était écrit sur une carte PostS*cret et ça m'avait déchiré le ventre lorsque je l'avais lue. Oui, je pourrais parler de ça mais ce week-end a été si doux. Doux comme une pommade qui endort les blessures. J'aurais voulu rester dans le planétarium à regarder encore un million de fois le film qui venait de défiler. En sortant, je lui ai dit que je comprenais ces scientifiques cloîtrés dans leur monde, inaccessible aux néophytes, parce qu'ils sont ailleurs et qu'il n'y a plus besoin d'être ici. Et justement, tout ceci, tout ce bordel, j'ai mis le doigt dessus il y a quelques jours. Je tournais autour depuis pas mal de semaines, je bafouillais des réflexions dans ma tête, marmonnais quelques bribes floues mais j'ai fini par pointer le paradoxe de façon nette. Ce qui bloque mes membres, c'est le dilemme entre la construction et la destruction. Depuis six ans, je détruis. Il y a six ans, quand tout mon corps s'est morcelé, c'est ce pli qui s'est tatoué dans ma chair. Ensuite, c'est devenu plus concret, c'étaient des réelles promesses que je me formulais du bout des lèvres, je jurais d'expier et de me faire payer à tout prix. Il fallait que ça fasse mal, que ce soit rude, toujours violent, aucune douceur ni aucune complaisance, seulement de la souffrance. Puis, cette année. Où, techniquement, rien ne va réellement mal. Mes considérations sont redevenues normales. Ma vie a un contour plus ordonné, beaucoup moins épineux et alambiqué. Je veux dire, ça tient debout tout ça, ça ne se barre plus aux quatre vents comme, comme d'habitude. Je suis en classe préparatoire, je ne me drogue plus, j'ai une relation que l'on pourrait qualifier de normale et qui s'amorce de façon saine, je n'enchaine plus les histoires -voire les embryons d'histoires- destructrices et sans intérêt, je ne songe plus à mourir ou à m'arracher les joues lorsque l'on me touche, lorsqu'on me fait l'amour, je fais des salades de fruits et je dresse des listes de courses. Seulement, je ne sais pas construire. Ma prise de conscience est ici. Je ne sais pas comment on fait, je ne sais pas quoi penser. Les gens me diront de ne rien faire, de ne rien penser, de laisser aller mais. Ca picote sous ma chair tant c'est en contradiction avec tout ce que j'ai jamais entrepris. Parce que, accepter de construire, c'est accepter d'être là demain, voire après-demain. Or dans mes projections, rien n'avait réellement d'importance car tout, tout ça, toute cette mascarade était tellement dénuée de sens que le bordel qu'était ma vie et la façon que j'avais de la tordre dans tous les sens ne comptait pas. Choisir de construire, c'est faire attention aujourd'hui. Et ça, faire attention, aux choses, à moi, au reste, c'est typiquement, ce que je ne sais, absolument, pas faire. Pourtant je me surprends à ouvrir les yeux et à ne vouloir rien casser, à vouloir y croire sincèrement et à ne plus frapper les murs écœurée d'amertume. Et je ne suis pas habituée, ça me laisse pantoise et légèrement trébuchante.
Je voudrais paniquer.
27 mars 2009
Crying shame
J'ignore si c'est la fatigue ou autre chose, le reste, tout le reste, que je ne vois plus. J'ignore si c'est réellement un rhume, un coup de froid comme ils disent ou simplement mon corps qui se disloque, qui refuse pour me montrer qu'il ne peut pas, tout le temps. J'ignore si c'est le surmenage ou son lit qui me rendent fiévreuse le matin. J'ignore si ce sont les démons d'autrefois ou la peur de ceux qui viendront me grignoter les mollets demain qui m'indisposent face à l'attachement. A lui. Le réveil sonne et mes yeux mettent un temps fou avant de s'ouvrir sous ses lèvres. J'entends le froissement de la couette qu'il écarte et la porte du placard qui coulisse. Le bruit de la douche me parvient comme ouaté et les crépitements me bercent et me referment les yeux. Pour une fois, il met ses boutons de manchette tout seul et caresse mes cheveux et mon visage et m'embrasse avant de partir. J'entends le bruit de ses pas sur le sol qui décroît puis la porte qui est claquée. Le soleil baigne la pièce à travers les stores et je me rendors sous la couette. Lorsque je me réveille, je m'étire longuement puis je me lève, je déambule, je ne sais pas réellement ce que je fais. Je regarde dans la glace ce qui a l'air de tant lui plaire, et je ne trouve pas. Je fais couler du café et je rajoute du chocolat en poudre tout en remuant avec la cuillère comme il me l'a montré. Je m'amuse à marcher dans les zones d'ombre sur le parquet et je lis dans le canapé blanc. Je pars toujours trop tard, suis sans cesse obligée de marcher vite pour rattraper le temps que j'ai cru pouvoir duper, je m'engouffre dans le métro, arpente les quais, les rues, les salles, griffonne des brouillons, passe devant des kholleurs puis jette mes brouillons et recommence dans une autre salle, devant un autre visage. Les remarques glissent et emportent avec elles des petits bouts de moi, et je sors de le salle, je dis merci, je souhaite une bonne journée. Et lorsque je sors et que le vent s'engouffre et lèche ma peau, je ressers mon col en frissonnant. J'entame un nouveau livre et je songe aux prochains jours.
A cette marche sèche rapide et insidieuse frénétique qui ne semble jamais s'arrêter.
20 mars 2009
C'est comme se laver de tout, laisser le reste en arrière. Contre son corps, je lui expliquais à quel c'est fabuleux, à quel point j'aimerais être ainsi indéfiniment. Ce n'est pas que tu ne comprends pas ce qui se passe, c'est simplement que ça ne te touche pas. Tu es au-dessus, ou au-dessous mais peu importe ce qui compte c'est, que tu es imperméable. Et sans faire l'apologie de quoique ce soit, gardant même un oeil objectif sur la chose, la défonce, ce détachement presque surréaliste, j'en suis amoureuse. Ces derniers jours sont rudes, des révisions en intra-veineuse et les examens qui laissent un goût amer. Tout ça pour ça ; pour rien presque. Je me suis usée par les deux bouts et maintenant, j'ai du mal à m'en remettre. La fatigue ne décroche pas et parfois, dans le métro, le vertige enserre mes tempes. Alors je me concentre sur les mots fléchés. Il reste un examen samedi mais je ne peux pas. C'est comme fouiller dans un sac vide, ma main tâte et cherche mais il n'y a plus rien à puiser, je suis é-puisée. Je n'entends pas ce qu'il dit, je sens à peine ses mains sur mon corps, je tourne la tête quand il s'approche trop près, et je suis incapable de savoir pourquoi. Incapable de dire si c'est la fatigue ou autre chose. Incapable de prévoir si ce sera passé dans quelques jours ou non.
J'ai une aptitude à l'accumulation interne plutôt prononcée, j'encaisse, ça s'accumule, ça fait des tas informes mais j'arrive toujours à tamiser le tout, je crois. C'est mon credo, c'est comme ça que je fonctionne. Mais là, plus rien ne passe et mes genoux flanchent.
10 mars 2009
Funny team
Au début, je voulais créer une catégorie destinée à ce genre de posts mais je voulais une catégorie dont les nouveaux posts n'apparaîtraient pas sur la page d'accueil, qu'ils restent cachés dans la catégorie, tu vois. Comme je maitrise l'informatique de façon démentielle, je n'ai pas réussi. Alors je me suis ravisée. Mais, quand même ; parce que c'est un peu ma vie, tu vois.
- Vous savez, l'*NS c'est un concours, pas un examen ! Si tout le
monde a 3, faut que vous ayez 4, mais si tout le monde a 18, faut que
vous ayez 19.
- ...j'préfère la première option. J'me sens plus apte à avoir 4 que 19...
- Faut vous tenir au courant de l'actualité. En cours, on n'a pas
le temps d'en parler parce qu'on a un programme chargé mais c'est à
vous de le faire. Par exemple, si je vous demande ce qu'est Madoff,
faut savoir me répondre.
- ...une marque de vodka ?
- Cette semaine, j'me suis motivée, bibliothèque tous les soirs, tu viens ?
- Ouais, bof. Moi j'ai la médiathèque à côté de chez moi puis j'suis pas inscrite à cette bibliothèque.
- Allez, c'est gratuit et y'en a pour 5 minutes.
- Je sais pas...
- C'est celle qui ferme le plus tard, elle est ouverte jusqu'à 22h !
- Tu trouves que c'est un argument ?
- Mais elle... elle ressemble à la bibliothèque dans Harry Potter !
- Ok, je viens !
"Quelques uns ont jeté un oeil aux documents que je vous ai demandé de travailler avant la fin du chapitre ?"
- Euh, ceux qui font 150 pages chacun ?
- Ouaip.
- ...Il est sérieux ??
- Apparemment.
- ...
- Bon, c'était pas super. Faudra faire mieux à votre prochaine khôlle, revoir les opérations de base. Comme les additions, les soustractions...
- Oui oui
...'Culé
08 mars 2009
I hate my way of living
Je songe à toutes les notes que j'ai écrites dans ma tête sans jamais les rédiger, par manque de temps, par excès de fatigue. A chaque fois que je rentre de ces longues après-midis durant lesquelles je travaille, je songe au moment où ça ne marchera pas, où me diront non, où j'aurais l'échec devant les yeux. Ca ne manque jamais. Ces après-midis me laissent toujours un peu exsangue, fébrile et au bord. Tu sais, le moment où ça cogne, où tu pourrais te mettre à pleurer. Et tu en as envie, juste pour évacuer les éléments que tu n'as pas cessé de manipuler pendant des heures, les modèles, les équations, le reste. Juste pleurer un peu tout ça pour pouvoir respirer plus profondément. Les soirs où je prends le métro tard et où je frappe à sa porte et me glisse dans son lit. Je voudrais lui dire de se taire lorsqu'il prononce des mots doux. Je sens la pression dans ma tête, comme les planches d'un navire écrasé par un poids immense et j'essaie de cacher mes mains qui tremblent ou mes yeux qui se noient. J'essaie et ça passe et j'aime prendre ma douche chez lui le matin pendant qu'il prépare du café. C'est neuf et ça me tâche presque les mains. Nous avons été voir ce film et je me suis mise à pleurer lorsque le personnage a dit "Je suis fière de toi". Je me suis mise à pleurer parce que je me disais que ça devait être immense quand quelqu'un déclare une chose pareille. Je me suis mise à pleurer parce que je ne me souviens pas que quelqu'un me l'ait déjà dit et je me suis demandée comment ça faisait.