29 septembre 2008
Sans bruit
Bien sûr que j'y ai songé. Ce matin, il y avait un tel brouillard. J'aurais aimé disparaître avec cette image. Depuis que l'idée m'est revenue en tête vendredi soir. Mais on se résigne, on se musèle, on fait semblant de ne pas s'entendre pleurer et implorer. Depuis deux jours, je vis comme en suspension. Je flotte. Je parcours des rues, des trottoirs, je mange, vomis, écoute de la musique, lis, souris, parle, apprend, récite. Je vis mais c'est comme une supercherie. Comme si mes pensées me faisaient tellement mal que je les remisais loin à l'intérieur là où ça ne touche plus. Ou plutôt, comme si je m'étais renfoncée loin à l'intérieur de moi là où les remous ne bousculent plus. C'est comme un soleil sans la chaleur. Je me suis recroquevillée entre les parois de mon corps, de mon crâne, loin derrière les remparts. En pilotage automatique. C'est tellement pratique. Tellement plus viable et reposant. Je ne veux plus m'écrouler comme les derniers jours. Je suis fatiguée, je ne veux plus. Fatiguée jusqu'aux os. C'est comme une prière formulée du bout des lèvres. Une trêve murmurée du bout des cils humides.
28 septembre 2008
Inconsistance
last cigarette / Il
devait être aux alentours de minuit. Je suis sortie dehors avec
mon pc et je l'ai fumée en écoutant cette
chanson -la dernière de la liste.
last
alcoholic drink / Hem. Le serveur est arrivé
tout de suite. S. a dit "Un panaché" et j'ai ajouté
"Pareil". Donc, un panaché.
last
car ride / Ce soir. 22h43 précisément.
Je rentrais de là.
last
kiss / Ma soeur, hier soir, sur la joue, pendant que
l'on consommait le cadeau qu'elle m'a offert pour mon anniversaire
-le concert du groupe mis en lien à la première ligne.
Et parce qu'elle est jolie.
last
good cry / -Good ?- Cet après-midi.
last book bought /
"Tendre est la nuit" de F.S. Fitzgerald.
last
book read / "La machine infernale" de J.
Cocteau.
last movie seen
/ ...Je ne sais plus. Au cinéma, ce doit être "Broken
english" -une perle-. Sinon, ah si! Dédales, il y a
quelques jours.
last beverage drank
/ une infusion "Nuit tranquille".
last
food consumed / Une part de gâteau avec du
caramel et du chocolat et d'autres choses mais je n'ai pas
écouté.
last phone
call / Maison.
last
tv show watched / Skins s2e9.
last
shoes worn / Des baskets en tissu matelassé
gris avec des lacets couleur vinasse -précis!
last
song played / "The
fall"
last thing bought
/ Une canette de Coca.
last
download / L'album "Radio Blood Money" du
Peuple de l'herbe -histoire de pas aller au concert les oreilles
vierges. Sinon, avant, le live 2006 de Birdy Nam Nam.
last
soda drank / Coca.
last
thing written / La dernière phrase de mon
commentaire d'anglais -que je ne recopie pas parce que je ne suis pas
sûre qu'elle soit correcte.
last
words spoken / Je ne sais plus. Sûrement "Toi
aussi" -en réponse à un quelconque "bonne
nuit".
last ice cream eaten
/ Je ne sais plus quelle est la dernière mais je me souviens
de celle prise au jardin du Luxembourg quand il faisait beau. L'été
me rendait guillerette.
last
webpage visited / Parce
que ça me fait rire.
last
crush / Le live 2006 de Birdy Nam
Nam, notamment les chansons "Ready For war" et "Pass
it on", la chanson "The fall" du Peuple -ça va
me passer, c'est parce que c'est tout neuf-, la chemise du garçon
qui était assis en face de moi à la bibliothèque.
Et sinon, "Arkansas",
le titre de ce
livre qui m'obsède complètement, "Premier
rôle" -parce que le sujet me fascine et que je
suis curieuse de voir comment elle l'a traité-,
"Prédation"
-parce qu'apparement, c'est époustouflant-, "Les
hommes à terre", "Veiller
tard" -parce qu'il y a les hommes et la mer-,
"Emois
et moi" -pour le sujet. Encore voir comment il est
traité-, "Crack"
-j'ai déjà lu un livre sur le même thème.
Je ne sais pas, ça me fascine. Cette propension qu'ont
certaines personnes à se détruire, jusqu'au bout. C'est
infernal et incroyable-. Aussi, la
boutique à Jussieu qui vend plein de jolies choses, le
dernier livre de Claire Castillon, de Sylvie Germain -oui, parce
que tu m'en as parlé- et d'autres encore mais je n'ai pas
réussi à retenir à tous les titres dans ma
tête...
Il se fait tard.
27 septembre 2008
Les mots qui ont manqué pendant des jours, des semaines et d'un coup qui remontent. Le trop-plein qui déborde et l'expression qui revient sur le bord des lèvres. Je suis imperméable à ma propre vie. Ou peut-être pas tant que ça puisque j'aimerais en sortir. Les derniers jours ont été difficiles, il a fallu essuyer les larmes, marcher longtemps dans la nuit pour essouffler la tension qui gronde, se museler pour ne pas vaciller. Bulle est venu et les mots ont jailli de ma bouche. Tout le mal que je me fais mais ce n'est pas possible. Ce n'est pas une vie. Distinguer les mécanismes, comprendre les raisons de mon égarement mais il manque la clef et je m'essouffle. Au concert, la musique m'enveloppait mais je pensais à autre chose et mes yeux tremblaient dans l'eau salée. C'est le sentiment d'imposture. J'ai pensé mettre fin à. Je voudrais pouvoir expliquer que j'ai perdu l'intérêt en route. J'ai coupé mes cheveux et raclé ma peau. En fait non, les mots ne viennent pas. Je sombre en dedans moi.
22 septembre 2008
Parfois, c'est plus facile de laisser parler les autres
"La faute à personne ou à pas de chance.
Juste un mauvais coup du sort, un hasard dégueulasse, un désastre."
J'ai souligné cette phrase dans le livre que j'ai lu hier soir .
Quand j'ai rallumé parce que le sommeil ne venait pas.
Quand j'ai rallumé parce que le silence commençait à devenir assourdissant.
21 septembre 2008
Nous avons tous un secret
13 septembre 2008
J'ignore comment j'en suis arrivée là, ce qui s'est passé. Je me retourne en arrière pour scruter le chemin que j'ai suivi. Quelles chutes ? Quels écueils ? Quand la roue s'est-elle mise à tourner ? Quand les premières cicatrices se sont-elles inscrites, annonciatrices de toutes celles qui suivraient ? Quand est-ce que j'ai commencé à me casser à la gueule ? Est-ce que tout ceci était évitable ? Oui, mille fois oui mais. Les raisons qui m'ont poussée à.
Comment j'en suis arrivée là ? A être éveillée mais à rester immobile sous ma couette parce que je ne veux pas me lever. Je préfèrerais me replier comme une noix, les genoux juste sous le menton et dormir des années. Le temps de me laver de tout ça, même si nous savons bien que ça ne marche pas ainsi.
Comment j'en suis arrivée là ? Assise devant un bol de céréales, les yeux engourdis et les cheveux défaits à l'écouter me dire d'ouvrir mon courrier qui traine depuis deux semaines. Le ton qui monte parce qu'elle dit que je peux recevoir des choses importantes. Qu'elle ne comprend pas que je me foute de tout. Mais qu'est ce que tu veux que je reçoive d'important ?
Comment j'en suis arrivée là ? A partir de quel moment la pente s'est-elle inclinée ? L'alcool et la fumée, les soirées tamisées, les double jeu, triple, quadruple, qui rendent folle. Je lui ai dit de prendre du recul et il m'a répondu qu'il ne savait pas comment je faisais mais, c'est un réflexe chez moi de mettre la main devant et de tenir les choses à distance. A tel point que j'ai l'impression d'être déconnectée.
Comment j'en suis arrivée là ? Je regarde par-dessus mon épaule et le dénouement me semble évident, dès la première seconde. Dès que j'ai commencé à passer mon corps, il était évident qu'il finirait par ne plus rien valoir. La première fois que j'ai eu envie de mourir quand on m'a fait l'amour, il était prévisible que je finisse par ressentir l'envie compulsive de m'arracher la peau. A partir du moment où je suis passée outre mes suppliques, le sillon de la haine et du dégoût était tracé sur ma peau. Je n'ai eu qu'à repasser.
Je me suis engagée sur ce chemin-là parce qu'il fallait se détruire, parce qu'il fallait payer.
Et, dans un sens, j'ai réussi.
Je ne suis pas absoute mais je ne vaux plus rien.
A quelle intersection me suis-je trompée ?
12 septembre 2008
Brouillon
Hier soir, l'alcool dans les veines. C'est rare, d'habitude c'est plus de la fumée, tu vois. C'est idiot, c'était à la terrasse d'un bar et les cocktails se sont succéder pour accompagner les mots. Je ne prenais que ceux qui avaient un nom coloré et quand il m'a raccompagné sur le quai, qu'il m'a demandé, j'ai répondu oui et les bulles crépitaient dans ma tête mais dès que j'ai posé un pied dans le wagon, déjà je me décomposais devant ce que je venais de faire. Pourquoi ? Mais pourquoi ? Et ça tournait dans ma tête mais j'ai eu beau me maudire, ça ne m'a pas aidé à trouver de réponses. J'ai retrouvé ma sœur devant la rue. La tête effervescente, les yeux euphoriques et les pas mal assurés. On monte une première fois dans la chambre, je mange et c'est mille fois trop puis j'effrite. Nous redescendons pour revenir sur nos pas dix minutes après. Puis on se relève. Il est une heure, il me semble. Deux milk-shakes dans les mains et on arpente les rues noires qui résonnent d'éclats de voix. Ma soeur s'endort à mes côtés. Un bruit me réveille au petit matin. De l'eau et des gestes lourds, on change de sens et on recommence. Jusqu'à midi. Le visage complètement froissé et le vent sur mes mollets nus. Deux places de concert récupérées et puis des boissons revigorantes dans le café que j'aime tant près de Jussieu. Trop de sacs aux épaules, trop de poids, trop de fatigue, trop de noeuds.
Je me souviens hier soir. Malgré le fait que tout peut s'arranger, que ses lèvres sur les miennes aient été une erreur misérable mais que je peux rectifier -on taira les conséquences-, que mon année va se dérouler, bien ou non mais qu'elle va glisser entre mes doigts et bien sûr que je serais dedans -spectatrice ?-. Malgré le fait que je puisse me dire que oui, on peut y aller, on va le faire, que tout n'est pas perdu, je n'ai pas pu m'empêcher de penser que j'aurais préféré mourir. Et je n'avais qu'un seul prénom sur les lèvres.
07 septembre 2008
Synthétiser
. Cette vidéo, parce que la musique et la scène (tirée de la série Skins), et la musique encore une fois.
. Le dernier cd d'Otep. -Il faut aimer le genre-
. Un concert
. Une éventualité. Ce sera la fin de ma première semaine de reprise. J'aurais sûrement besoin de.
Mais on s'en fout de tout ça, on s'en fout. Je voudrais pouvoir parler de ce qui compte vraiment au lieu de faire des embardées insolentes mais ça reste bloqué à l'intérieur. Je crois que je m'y attendais tellement, que c'était si prévisible que je ne sais qu'accueillir l'émotion contre moi. Je n'ai pas envie d'en parler, je sais pourquoi, je sais comment, ça ne sert à rien de remuer, de. Une nouvelle plaie et la peau que tu frottes frénétiquement sous la douche mais. Mais ça ne partira jamais et l'amertume dans ta gorge, dans ton sang, fumante. Tu recules de deux pas, tu te détaches. Réaction immédiate et spontanée pour ne pas tomber en morceaux. Prendre de la distance pour ne pas se frotter aux aspérités et. Se replier à l'intérieur, regarder ailleurs. Elle m'a demandé comment j'allais et quelques mots m'ont échappé. Elle m'a regardé avec un air contrarié et désapprobateur et je me suis sentie obligée de rajouter que je n'avais pas fait exprès et. Le feu s'est mis à enfler dans mon ventre parce que bien sûr que non, je n'ai pas fait exprès. La marge d'action et de contrôle me semble tellement réduite, la notion d'inéluctabilité, tu comprends, qui me prend à la gorge. J'ai le sentiment que le vécu se rappelera toujours à moi, d'une façon ou d'une autre, qu'il faudra toujours payer, toujours.
05 septembre 2008
On en revient toujours au sang. Toujours.

