La bouteille d'encre noire renversée au fond de l'âme

Atchoum

31 janvier 2009

C'est ça que je veux faire


"Les sciences cognitives s'intéressent aux grandes fonctions mentales  comme la perception, la mémoire, le raisonnement, le langage, les émotions, la motricité, la communication, etc. Elles ont pour but l'étude conjointe des propriétés formelles et algorithmiques de ces fonctions mentales, des mécanismes psychologiques qui les sous-tendent, et des mécanismes biologiques qui les rendent possibles (des gènes jusqu'aux circuits et aires dans le système nerveux)."

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29 janvier 2009

useless

je suis fatiguée
et découragée
j'écoute Tori Amos
j'ai tellement besoin de vacances
tellement besoin de partir
qu'en attendant, je cherche des photos de la mer
c'est minable, c'est pathétique
je suis rentrée à pied
j'avais envie d'arpenter les rues et les trottoirs
j'ai traversé un bout de Paris avec les écouteurs dans les oreilles
quand je suis arrivée
la nuit était tombée
mes mots, mes phrases, ce post
sonnent complètement creux
comme moi

Wolschwiller_village_fronti_re_suisse


  Je m'emmure progressivement dans ma pièce en cristal. Je me tapisse de silence, chaque jour un peu plus. J'ôte les couleurs et m'applique à mettre du blanc partout. Je n'appartiens plus à personne, je n'ai plus de consistance, je flotte et je deviens transparente. Dans ma tête, il y a comme des ultrasons imperceptibles pour les autres. J'ai débranché le décodeur, je l'ai jeté à la mer. Cela restera imperceptible pour les autres, cela restera dans ma tête. Je vis, dans ma tête, en permanence. J'entends, les mots, les faits. Je les entends mais leur impact est stoppé par la vitre qui est maintenant placée entre moi ; et le reste. Entre moi et le monde. Entre moi et les autres. Je vis dans une bulle de coton indolore. Et je ne veux que personne rentre. A moins de respecter la structure de ma bulle. Je vis tellement seule, tellement sans. J'ai aménagé ma solitude et je suis maintenant lovée dedans à tel point qu'elle se fond en moi. Je ne suis plus certaine de pouvoir vivre autrement. La demeure que je porte dans ma tête est mienne. Le rangement, l'organisation, tout a été pensé par moi. Chacun serait perdu. Les règles et les codes sont les miens, les miens et ceux de personne d'autre. Ils n'ont pas de logique commune, pas de socle neutre. Ils sont empreints de moi, de ma folie et de mon intelligence. De la façon dont j'arrange la réalité pour pouvoir y vivre sans qu'elle ne m'entaille. Ma vie n'est qu'un vaste compromis entre la réalité et moi. Elle accepte de se laisser travestir derrière mes yeux, en contrepartie, je vis sans trop faire de vagues. Je n'ai trouvé que cela, pour ne pas mourir à chaque instants. Je n'ai trouvé que cela, pour éviter la souffrance de l'existence.


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18 janvier 2009

offline

  C'est monté comme ça, je ne savais pas, je ne m'y attendais pas. Ses phrases s'alignent et ça me tue. Chacun de ses mots me martèle et je ne vois plus rien, j'ai simplement horriblement mal à l'intérieur de la tête. C'est ma soeur. C'est ma soeur et elle ne comprend pas. C'est ma soeur et elle n'entend pas ce que je dis. Et je me retrouve seule. Tellement que je sens la solitude résonner tout à l'intérieur de moi, vibrer sur chaque centimètre et me brûler. Elle ne le sait pas et personne ne le sait mais moi, moi, je le sais. Que je vais finir par mourir de froid. Alors je me terre sur ma chaise, je me replie dans mon pull et je pleure. Je pleure et j'entends mes sanglots et j'ai simplement horriblement mal à la tête.
  Personne ne le sait mais moi, je le sais. Que ça va avoir raison de moi et que mon coeur va finir par se décrocher complètement.

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17 janvier 2009

[N'importe quoi...]

Il y avait des voitures de chaque côté
et
je ne sais pas
ma musique dans les oreilles
l'air froid dans mon cou
ma capuche rabattue sur le visage
le sol était humide
et
ma musique dans les oreilles
je parle toute seule dans la rue
je fais les questions et

les réponses
comme un réel dialogue
sauf que je suis

seule

j'imagine que l'on me demande comment je vais
comment ma journée s'est
déroulée
même si je suis

seule

les sachets de thé
s'entassent
et
je me
noie
me pends à mes sachets
je
souris
les heures comme une pluie fine
près de la fenêtre

ma musique dans les oreilles

il y a des voitures
des gens
du bruit
de l'agitation
de chaque côté
mais je ne sais pas,
je
ne vois pas

je me parle à moi-même
et c'est
grotesque mais
je n'ai pas pu m'empêcher d'avoir le
coeur serré

de me voir parler toute seule
comme ça
j'ai trouvé ça triste

deux minutes

pendant deux minutes
j'ai trouvé ça triste
puis ma musique dans les oreilles

et je me suis moquée de moi
à voix haute dans la rue
puisqu'il n'y avait que
moi
pour en rire

de mes monologues et mes sachets.

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14 janvier 2009

la vie aquatique

aujourd'hui,
il y avait
des
gouttes
de
pluie
j'ai
voulu

m'en saisir
les

prendre dans mes mains
mais c'était trempé
c'était raté
ça
glissait
dans les
rainures de ma peau
ça glissait
s'engouffrait
et disparaissait
absorbée
avalée
et c'était trempé
complètement
raté
et dans les flaques
j'ai
trébuché
me suis perdue
ma tête
emmêlée
il y avait des
gouttes de pluie
aujourd'hui

et je me suis noyée dedans

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11 janvier 2009

Je n'ai plus le temps de croiser mon reflet dans les miroirs

  Je garde le café les heures à travailler les listes dressées les cours partout les cahiers sur le sol le lit défait la douche au réveil le reflet et les yeux froissés le matin le soir les larmes le froid les cartouches d'encre les rêveries les nuits courtes le réveil les trottoirs le métro les gens les autres le lycée la fac les salles les bureaux les équations mes cheveux attachés mon pull en laine l'intemporalité mes yeux barricadés à l'intérieur mes sourires fragiles mes sourires ténus les mots une bd la médiathèque des cds les revues sur le cerveau les fiches les fiches les fiches le trieur le bloc les surligneurs les biscuits la fatigue l'envie charnelle mon repli mon refus une aiguille du fil des boutons à recoudre l'indifférence mes lunettes noires mon t-shirt rayé pour dormir l'écho de mes pas les heures nuitées penchées un stylo à la main le verre de jus d'orange le matin la fatigue les jours qui s'enchainent à peine interrompus par quelques heures de sommeil

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07 janvier 2009

Tout en moi hurle le vide

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05 janvier 2009

On dirait des plaques craquelées

Je suis fan. Totally. Je cherche à me procurer son album depuis des jours.
Quand soudain le Graal s'est découvert à moi sous le nom d'Amaz*n Dwnld mp3.
Sauf que, hem, "the sale of MP3 Dwnlds is currently available only to US customers located in the 48 contiguous states, Alaska, Hawaii, and the District of Columbia."
Ou comment passer de l'euphorie au désespoir.
Je ne sais pas comment faire
Hormis déménager aux Etats-Unis. Ou à Hawai. Ou en Alaska.

Quoique l'Alaska, j'irais bien. Pour voir.

Eagle_River__Alaska___1600x1200___715307


Ca a l'air chouette.



"We apologize for any inconvenience this may have caused you."

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J'avais les yeux plein d'encre.

  C'est fou comme mes doigts peuvent se paralyser lorsqu'il s'agit d'aligner réellement des mots et non plus de penser les phrases dans ma tête.
  Je suis littéralement fascinée par les maladies mentales. Je voudrais faire une thèse sur l'aspect physique des troubles mentaux, la part de physique, de physiologique et de pur psychisme. Ce n'est pas nouveau. Depuis que je suis petite, je suis obsédée par le fonctionnement du cerveau humain. J'avais dix ans environ et un cahier dans lequel je notais toutes les informations que je trouvais sur les sujets qui passionnaient. Il y a eu le cerveau humain, le nucléaire et l'holocauste de la seconde guerre mondiale. Je suis incapable d'expliquer mon intérêt insatiable pour ces sujets si ce n'est que j'ai tendance à être passionnée par des sujets qui me dépassent. Je lisais tout ce qui me tombait sous la main. L'autre fois, j'ai rouvert ce cahier et je suis tombée sur des mots techniques dont je ne me souviens même plus aujourd'hui. Leur définition est notée soigneusement et je sais qu'à l'époque, je comprenais ce que ça voulait dire. J'avais fait des schémas avec mes crayons de couleur, j'avais collé des articles à propos de Tchernobyl. Je connaissais les caractéristiques des bombes A, des bombes H et des bombes à neutrons. Je savais en quoi consistait un processus de fission nucléaire et un processus de fusion nucléaire. Puis, ça a été le fonctionnement du cerveau humain et tous ses mystères. Là encore, je me suis abreuvée de schémas, de théories et d'explications. Je continuais à lire même quand je ne comprenais plus. Je me disais que, sur l'instant, je ne comprenais pas mais que les mots s'enregistraient tout de même dans ma tête et qu'inconsciemment, ils s'assembleraient peut-être pour former le puzzle qui m'échappait. Puis l'holocauste. Contrairement aux deux autres sujets, il n'y a aucun aspect technique et on peut se demander ce qui m'obsédait autant. Mais je suis passionnée par ce qui m'échappe, par ce que je ne comprends pas. Et l'holocauste, je ne comprenais vraiment pas.
  Je suis littéralement fascinée par les maladies mentales et je suis en classe préparatoire maths et économie. L'autre jour, mon voisin m'a saluée et m'a demandé ce que je faisais. Je lui ai répondu que j'étais en prépa pour N*rmal'.
- Ah oui. C'est dur ?
- Oui, un peu. Y'a du boulot, faut s'accrocher.
- C'est sûr, quand on choisit l'excellence hein !
Et sa réplique a sonné complètement creux dans ma tête. "Quand on choisit l'excellence". Ce n'est pas du tout le sentiment que j'ai. Sa remarque a glissé sur moi puis s'est écrasée sur le sol dans un bruit sourd et désolant. Parfois, en cours de macro -ou de micro, le prof s'interrompt et ajoute "Ceux qui poursuivront dans l'économie approfondiront ces théories" ou "Vous rencontrerez souvent ce genre de choses dans vos études et votre travail" ou encore "La plupart d'entre vous seront amenés à faire de la gestion". Et quand il dit des choses comme ça, j'ai l'impression de l'entendre dire que ma vie sera terriblement ennuyeuse. C'est comme s'il s'adressait à moi pour me dire que ce n'est pas la voie dans laquelle je m'épanouirais. J'essaie de m'imaginer plancher de façon encore plus approfondie sur ce que je vois en cours et je ne crois pas que ça me fasse envie. C'est intéressant de voir les différentes théories et les modèles qui ont été construits et comment. C'est intéressant, oui, ça rassasie une certaine curiosité mais je suis tellement curieuse de tout que parfois, je me dis, que ça ou autre chose, du moment que je comprends des choses.

  Je me souviens juste quand j'étais petite, je voulais être chercheuse en nucléaire et étudier le cerveau humain.

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02 janvier 2009

Catch me if you can

  J'ai envie d'aller au cinéma, de me balader un soir dans Paris, accompagnée, de longer les quais. J'ai envie de prendre le train, d'aller dans un parc d'attractions, de trouver de jolies cartes de vœux, d'aller voir le navire en face de Bercy, d'avoir un coup de cœur musical, d'aller à un concert, d'être bouleversée par une photo, d'aller au théâtre, de regarder les clips sur mtv, d'aller dans un pays à l'est, de faire un gâteau, de parler, de nager, de faire l'amour, mais qu'au réveil ça ne soit pas fini, d'arpenter les trottoirs parisiens la nuit, les mains dans les poches et le visage dans le tissu épais de l'écharpe. J'ai envie d'aller au cinéma, encore, de respirer dans la bouche d'un homme, de regarder des films blottie dans un canapé, de gémir dans la bouche d'un homme, d'avoir une nouvelle paire de lunettes, de me brûler les doigts sur la peau d'un homme. J'ai envie de prendre le temps, de me sentir jolie à travers un regard posé sur moi, de manger des pains au chocolat, de rire aux éclats, de rencontrer de jolis gens, d'avoir un bonnet plus épais, d'acheter des pulls immenses dans lesquels je n'aurais pas froid, de prendre une douche mais que ce soit quelqu'un d'autre qui me sèche et m'habille, d'avoir ceci, de m'enrober de silence, d'écrire de longues lettres...

kiwi

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