22 septembre 2009
Il faut que les matins soient doux.
18 septembre 2009
Don't you see I need you rock
J'aurais voulu lui montrer mon foulard, lui demander s'il le trouvait joli, lui parler des craintes qui rampent sous mon crâne concernant cette année. J'aurais voulu ne pas parler de tous ces détails techniques, achat, vente, SC*, cession de, contrats, signature et n'oublie pas de parapher, rendez-vous divers, attentes, visites, pièces administratives, délais. J'aurais voulu discuter d'autre chose, avoir ouvert la bouche pour lancer la conversation dans une autre direction. Mais je n'en ai rien fait et nous n'avons parlé que de ça, des modalités et des conséquences et, tout ceci me sort par les yeux aujourd'hui. J'en ai plein la bouche, plein les mains, plein la tête. J'aurais voulu lui dire que je n'étais plus très sûre, que je me posais des questions que, dans quelle mesure l'engagement pouvait se justifier. Le quotidien appuie sur mes poignets. Lorsqu'il se lève le matin, j'entends à peine le crépitement de la douche, j'ai trop chaud et je terre mon corps nu sous la couette. La reprise date de si peu et je suis déjà barbouillée de fatigue. Les couleurs vives et pimpantes se délavent au fur et à mesure. Mes yeux se ternissent car je le savais mais j'aurais voulu avoir tort. J'ai une nouvelle carte de piscine, je nage une heure et demie, je m'essore dans l'eau chlorée, je multiplie les longueurs et je m'applique à tout laisser derrière moi, à chaque brasse. Ce week-end, je suis seule. Ce week-end, je vais ouvrir des gros livres de microécon*mie et aligner les exercices sur des copies doubles grands carreaux perforées. Je ferais du thé et le soir, je me glisserais tôt dans le lit pour ouvrir un roman. Le lendemain, je mangerais des céréales. En ce moment, je ne sais pas quoi écouter comme musique. Si vous avez des suggestions, je suis preneuse de tout.
04 septembre 2009
Two Shots To The Head*
Je ne sais plus trop quelle musique passe, ça tourne en permanence, je lance des radios à thème et je laisse les notes les voix les accords couler. Il me dit qu'il faudrait commencer à faire les cartons et la perspective du déménagement se teinte de réel. Je ne prends toujours conscience des choses que lorsque ça devient concret. Avant, impossible, il y a une vitre. Je ferme les yeux, je refuse de voir quoique ce soit tant que ce n'est pas sûr. A quoi bon penser et s'angoisser (les deux allant souvent de pair) pour rien ? Mais quand ça se confirme, quand on me dit on déménage à la fin du mois, le sol s'effrite sous mes pieds et une boule monte jusque dans ma gorge. Et je me retrouve bête et démunie, car nous en parlons depuis des mois, car je le savais, car j'ai dit oui. Mais c'est comme dire oui au vent. On imagine quelque chose et on articule son accord du bout des lèvres. Ma tête s'emmêle sacrement plus lorsque la réalité s'immisce. Lorsque je me vois ôter mes affaires des étagères et les empiler -à nouveau- dans des cartons. Tout débarrasser, vider, balayer ma vie une nouvelle fois pour la déballer autre part. Me dire que je ne vivrais plus seule, louper une marche. Essayer de ne pas trop y penser tout de même, comme toujours, renflouer. Eclater plus tard, pas maintenant, non, pas là. Là, il y a la fatigue et l'appréhension douceâtre déjà présente des prochains jours. Ce matin, ils ont dit deuxième année, difficulté, beaucoup de travail. Les mails avec les plannings de khôlles sont arrivés dans l'après-midi, je remplis mon agenda et je ressors des cahiers que deux mois de vacances ont rendu tristes et austères. Je relis des pages oubliées et je me dis que c'est la dernière année. Même quand ils parlent d'un concours blanc dans quelques semaines, je ne me casse pas. Je réfléchis simplement à la façon dont organiser mes révisions. Je remets la carte de bibliothèque dans le porte-feuille, je reste immobile ensuite. C'est la dernière année, ce n'est pas la mort, ça va passer, comme la première, comme le reste, les jours vont se défiler sous mes yeux et un matin, ce sera fini.
* Une chanson d'Emily Jane White